Consultante indépendante travaillant sereinement sur ordinateur portable dans espace de coworking lumineux
Publié le 26 février 2026

Refus de crédit immobilier malgré cinq ans d’activité rentable. Zéro indemnité pendant trois mois sans mission. Retraite qui fond comme neige au soleil. Ces situations, je les rencontre chaque semaine chez les consultants que j’accompagne. La question n’est plus de savoir si vous êtes exposé, mais comment vous en sortir sans sacrifier votre liberté.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les conditions et avantages présentés peuvent varier selon votre situation individuelle et les évolutions réglementaires.

Ce que le portage salarial vous apporte vraiment :

  • Droits au chômage en cas de fin de mission
  • Cotisations retraite au régime cadre
  • CDI qui rassure les banques pour vos projets immobiliers
  • Mutuelle et prévoyance obligatoires
  • Congés payés acquis comme tout salarié

Pourquoi tant d’indépendants se sentent vulnérables (et comment y remédier)

Soyons francs : quand vous vous lancez en micro-entreprise, personne ne vous explique clairement ce que vous perdez. Selon les données officielles du Ministère de l’Économie, le micro-entrepreneur ne peut pas recevoir d’indemnités chômage versées par France Travail. Pas de mission pendant deux mois ? Vous vous débrouillez seul.

200 000 personnes

travaillent en portage salarial en France en 2023

Dans mon accompagnement de consultants indépendants, l’erreur que je vois le plus souvent ? La sous-estimation massive des cotisations sociales en micro-entreprise. Les gens calculent leur « net » en oubliant qu’ils ne cotisent presque rien pour la retraite. Résultat : ils découvrent à 50 ans qu’ils ont validé trois trimestres en cinq ans d’activité.

L’autre piège classique, c’est le crédit immobilier. Je pense à ce consultant en transformation digitale que j’ai croisé l’année dernière. Huit ans d’expérience, 70 000 euros de chiffre d’affaires annuel, des clients prestigieux. Refus de prêt. Les banques veulent un CDI, point final. Ça paraît injuste, mais c’est la réalité du marché.

Le portage salarial existe justement pour répondre à ces failles. D’après l’estimation PEPS du marché 2023-2024, le secteur affiche une croissance de 20% par an. Ce n’est pas un hasard : les indépendants cherchent un filet de sécurité sans perdre leur autonomie.

Les 5 protections concrètes du portage salarial

Je ne vais pas vous faire la liste exhaustive de tous les avantages possibles. Je me concentre sur les cinq qui changent vraiment la donne au quotidien. Pour le reste, une bonne société de portage salarial vous accompagnera dans les détails.

L’assurance chômage, d’abord. En portage, vous êtes salarié. Vous cotisez donc à France Travail comme n’importe quel cadre. Mission terminée sans renouvellement ? Vous pouvez prétendre à l’allocation de retour à l’emploi, sous réserve d’avoir cotisé suffisamment longtemps. C’est le filet de sécurité numéro un.

La retraite ensuite. Le salarié porté bénéficie généralement du régime de retraite des cadres. Concrètement, vos trimestres sont validés normalement, et vous accumulez des points Agirc-Arrco. Rien à voir avec les miettes que vous récupérez en micro quand votre chiffre d’affaires fluctue.

Marc, consultant IT : du refus de crédit au CDI en 3 mois

J’ai accompagné Marc l’année dernière. Trente-huit ans, consultant en transformation digitale, cinq ans d’activité rentable en micro-entreprise. Sa banque lui a refusé un crédit immobilier malgré des revenus stables autour de 65 000 euros annuels. Le motif ? Absence de CDI. Quatre mois après son passage en portage salarial, crédit accordé. Le contrat de travail a tout débloqué.

La prévoyance et la mutuelle sont obligatoires pour l’employeur. Arrêt maladie ? Vous êtes couvert. Accident de la vie ? Votre famille est protégée. En micro, ces garanties sont optionnelles et rarement souscrites.

Chaque mois, un vrai bulletin de salaire avec cotisations sociales complètes



Les congés payés, enfin. Vous accumulez des jours comme tout salarié. C’est peut-être anecdotique pour certains, mais quand vous avez travaillé cinq ans sans vraies vacances parce que « chaque jour sans facturation coûte de l’argent », ça change la perspective.

Portage salarial vs micro-entreprise : le vrai match de la sécurité

Je vais être direct : le portage n’est pas fait pour tout le monde. Si vous facturez moins de 35 000 euros par an, les frais de gestion (généralement entre 5 et 10% du chiffre d’affaires) pèsent trop lourd. Mais au-delà de ce seuil, la balance penche nettement en faveur du portage sur les critères de protection. Voici comment les deux statuts se comparent selon les articles L1254-1 et suivants du Code du travail :

Protection sociale : portage salarial vs micro-entreprise
Critère Portage salarial Micro-entreprise Verdict
Chômage Droits ARE acquis Aucun droit Portage
Retraite Régime cadre complet Proportionnel au CA Portage
Crédit immobilier CDI reconnu Difficultés fréquentes Portage
Simplicité administrative Gestion déléguée Très simple Micro
Coût global Frais 5-10% + charges Cotisations ~25% Variable

Ce que ce tableau ne dit pas, c’est la tranquillité d’esprit. Quand vous savez que votre famille est couverte en cas de coup dur, vous négociez différemment avec vos clients. Vous osez refuser les missions mal payées. C’est un cercle vertueux.

Le portage libère du stress administratif pour se concentrer sur son métier



Attention cependant : certaines activités sont incompatibles avec le portage. Les règles officielles du Ministère du Travail excluent notamment les services à la personne. Si vous êtes dans ce cas, consultez un expert avant de vous engager. Pour approfondir ces aspects, je vous recommande de lire ces conseils pour les nouveaux entrepreneurs qui abordent les différents statuts possibles.

Vos questions sur la protection en portage salarial

Voici les interrogations qui reviennent systématiquement dans mes échanges avec les consultants hésitants :

Puis-je vraiment toucher le chômage en portage salarial ?

Oui, sous conditions. Vous devez avoir cotisé au moins 6 mois sur les 24 derniers mois. La fin de mission doit être involontaire (non-renouvellement, rupture conventionnelle). Le montant dépend de vos salaires antérieurs, comme pour tout salarié.

Le portage coûte-t-il plus cher que la micro-entreprise ?

Ça dépend de votre niveau de revenus et de ce que vous valorisez. Les frais de gestion tournent autour de 5 à 10% du chiffre d’affaires. Mais vous bénéficiez en contrepartie d’une protection sociale complète que vous n’auriez pas autrement. Au-delà de 40 000 euros annuels, le calcul devient souvent favorable au portage.

Le CDI en portage est-il reconnu par les banques ?

Généralement oui. Le contrat CDI en portage salarial est un vrai contrat de travail au sens du Code du travail. Les banques apprécient la régularité des bulletins de salaire et la stabilité apparente du statut. Comptez toutefois 6 à 12 mois d’ancienneté avant de présenter un dossier de prêt.

Que se passe-t-il pendant mes périodes sans mission ?

Votre contrat CDI reste actif. Une réserve de 10% de votre salaire brut est constituée pour maintenir une rémunération minimale pendant l’intermission. Si la période se prolonge, vous pouvez négocier une rupture conventionnelle et accéder à vos droits chômage.

Ces questions ne couvrent pas tous les cas particuliers. Si vous hésitez encore, pensez à consulter un expert pour l’optimisation de vos déclarations fiscales liées à votre activité. Les implications fiscales varient selon votre situation personnelle.

Votre prochaine étape

Les 5 questions à poser avant de signer


  • Quel est le taux de frais de gestion tout compris (pas de frais cachés) ?

  • Quelle garantie financière la société détient-elle (minimum 10% de la masse salariale) ?

  • Comment fonctionne la réserve pour les périodes d’intermission ?

  • Quelle mutuelle et prévoyance sont proposées ?

  • Puis-je transférer mes clients existants immédiatement ?

Si vous facturez plus de 35 000 euros par an et que la sécurité financière compte pour vous, le portage mérite sérieusement votre attention. Demandez plusieurs simulations avant de vous engager, et n’hésitez pas à négocier les frais de gestion : c’est monnaie courante dans le secteur.

Rédigé par Durand Léa, spécialiste de l'accompagnement des travailleurs indépendants depuis 2018. Elle a guidé plusieurs dizaines de consultants et formateurs dans leur transition vers le portage salarial. Son expertise porte sur l'optimisation du statut professionnel, la protection sociale des indépendants et les stratégies de développement d'activité. Elle intervient régulièrement en formation sur les enjeux de la transition professionnelle.