
Ouvrir un magasin sous l’enseigne d’un réseau commercial ne signifie pas nécessairement acheter toutes les marchandises présentées en rayon. La commission-affiliation permet à un commerçant indépendant de distribuer des produits généralement détenus en propriété par l’enseigne, en percevant une commission calculée selon les ventes réalisées.
Ce fonctionnement peut réduire sensiblement le capital nécessaire au financement des marchandises et limiter l’exposition aux invendus. Il ne supprime toutefois ni les charges d’exploitation, ni les responsabilités contractuelles, ni la nécessité de disposer d’une trésorerie suffisante.
Avant de rejoindre un réseau, l’entrepreneur doit comprendre qui possède les produits, comment circulent les recettes, sur quelle base sont calculées les commissions et quelles conséquences entraîne une rupture du contrat. La comparaison avec la franchise, l’achat-revente et le dépôt-vente doit porter sur l’ensemble de ces paramètres, plutôt que sur la seule promesse de ne pas acheter le stock.
La commission-affiliation en trois points
- L’enseigne reste généralement propriétaire des marchandises jusqu’à leur vente, ce qui réduit le financement initial du stock pour le commerçant.
- Le commerçant perçoit une commission selon les conditions contractuelles, mais continue de financer son local, ses équipements et son exploitation.
- La rentabilité dépend autant des commissions effectivement encaissées que des charges fixes, des obligations du contrat et des modalités de restitution des invendus.
- Pourquoi la commission-affiliation réduit-elle le risque lié au financement du stock ?
- Comment suivre les ventes et commissions dans un réseau de commission-affiliation ?
- Commission-affiliation ou franchise : quel modèle implique le moins de stock à financer ?
- Quels points du contrat vérifier avant d’accepter des marchandises en commission-affiliation ?
- Quand contrôler les stocks avant une campagne commerciale importante ?
- Dépôt-vente ou achat de stock : quel modèle limite le plus le risque d’invendus ?
- Comment analyser les redevances et obligations prévues par un contrat de franchise ?
- Quel mode de distribution choisir pour développer ses ventes sans alourdir excessivement les coûts ?
Pourquoi la commission-affiliation réduit-elle le risque lié au financement du stock ?
La commission-affiliation réduit le risque de financement du stock parce que le commerçant n’achète généralement pas les marchandises mises à sa disposition par l’enseigne. Celle-ci conserve leur propriété et supporte, selon le contrat, le risque économique des invendus. L’affilié évite ainsi une immobilisation importante de trésorerie, sans être dispensé de financer son activité.
Dans ce modèle, le commerçant distribue les produits pour le compte de l’enseigne et reçoit une rémunération liée aux ventes. Le mécanisme s’inscrit dans le cadre de la commission commerciale : l’article L132-1 du Code de commerce définit le commissionnaire comme un intermédiaire agissant en son propre nom ou sous un nom social pour le compte d’un commettant.
Cette définition juridique ne règle cependant pas toutes les questions de propriété, de responsabilité ou de rémunération. Leur traitement dépend des engagements réellement souscrits.
La différence financière avec l’achat-revente apparaît dès l’ouverture du magasin. Un détaillant classique doit financer les marchandises ou obtenir des délais de paiement fournisseurs. Un commission-affilié peut disposer d’un assortiment sans payer leur prix d’acquisition, sous réserve des éventuelles garanties, dépôts ou achats particuliers prévus au contrat.
La comptabilité reflète également cette distinction. Des marchandises appartenant à un tiers ne sont pas assimilables automatiquement à un stock acheté et contrôlé pour son propre compte. Le traitement des stocks, des opérations pour compte de tiers et des commissions doit être déterminé à partir du contrat et du Plan comptable général publié par l’Autorité des normes comptables.
L’entrepreneur ne doit donc pas comparer mécaniquement ses ratios de rotation ou son chiffre d’affaires comptable avec ceux d’un commerçant acheteur-revendeur. Un expert-comptable pourra reconstituer des indicateurs comparables.
Pour mesurer le bénéfice financier, il faut construire deux prévisions de besoin en fonds de roulement : l’une avec achat de marchandises et délais fournisseurs, l’autre avec stock confié et circuit réel des encaissements. Dans les deux cas, intégrer les créances, les dettes d’exploitation, les délais de reversement et le calendrier des commissions.
La contrepartie économique est essentielle : une rémunération sous forme de commission peut laisser moins de valeur par vente qu’une marge d’achat-revente. Les prix, promotions et assortiments peuvent aussi dépendre largement de l’enseigne.
La réduction du stock à financer améliore potentiellement la sécurité de trésorerie, mais seule une simulation intégrant les charges et les encaissements permet de déterminer si le modèle est rentable.
Comment suivre les ventes et commissions dans un réseau de commission-affiliation ?
Le suivi des commissions repose sur un rapprochement régulier entre les ventes enregistrées par le magasin, les opérations reconnues par l’enseigne et les montants effectivement réglés au commerçant. Un tableau de contrôle mensuel permet d’identifier les retours, annulations, promotions et décalages de paiement qui expliquent les écarts entre ventes réalisées et commissions encaissées.
Les réseaux peuvent fournir un extranet, un logiciel de caisse connecté, des relevés périodiques ou des décomptes détaillés. Ces documents facilitent le pilotage, mais ne doivent pas remplacer les propres contrôles du commerçant.
La méthode consiste à disposer, pour une même période, du journal de caisse, du détail des opérations transmis par l’enseigne et du relevé des commissions. Les données doivent pouvoir être comparées par référence produit, date et type d’opération.
Un rapprochement mensuel peut suivre quatre étapes :
- Extraire les ventes et les annulations enregistrées dans la caisse du magasin.
- Comparer chaque catégorie d’opérations aux ventes retenues par l’enseigne.
- Recalculer les commissions selon les taux, bases et exclusions prévus au contrat.
- Rapprocher les montants dus des virements reçus, puis documenter les écarts non expliqués.
Les divergences proviennent fréquemment de retours clients enregistrés sur une autre période, d’avoirs, de ventes promotionnelles soumises à des conditions particulières ou de commissions non encore exigibles. En cas de contestation, conserver les justificatifs de caisse, les références des opérations et les échanges écrits.
La fiscalité impose une vigilance supplémentaire. Selon la doctrine fiscale du BOFiP sur les opérations des intermédiaires, le traitement de la TVA diffère selon que l’intermédiaire agit au nom et pour le compte d’autrui ou en son nom propre pour le compte d’autrui.
Dans la seconde situation, le commissionnaire est fiscalement réputé acheter puis livrer les biens concernés pour les besoins de la TVA, même si cette fiction fiscale ne signifie pas nécessairement un transfert de propriété civile. La commission ne fait alors pas l’objet d’une taxation séparée comme une prestation autonome.
La qualification des recettes, leur rattachement comptable et les déclarations fiscales doivent donc être validés avec un expert-comptable à partir des clauses précises du contrat.
Trois indicateurs méritent un suivi continu : le taux de commission effectivement obtenu par famille de produits, le délai entre vente et encaissement de la rémunération, et la proportion de ventes annulées ou retournées.
Cette discipline fournit également des données fiables pour comparer les résultats du magasin aux prévisions présentées avant l’adhésion au réseau.
Commission-affiliation ou franchise : quel modèle implique le moins de stock à financer ?
Sur le seul critère du financement des marchandises, la commission-affiliation est généralement plus favorable à la trésorerie initiale que la franchise avec achat-revente. L’enseigne conserve normalement la propriété du stock confié, tandis qu’un franchisé acheteur-revendeur doit financer ses produits. Cependant, certains contrats combinent les deux mécanismes et modifient cette comparaison.
La franchise désigne avant tout une organisation commerciale fondée sur l’exploitation d’un concept et d’un savoir-faire, avec une assistance et des droits d’utilisation de signes distinctifs. Elle ne détermine pas, à elle seule, le régime de propriété des marchandises.
Le franchisé peut acheter les produits, bénéficier de délais fournisseurs ou disposer d’engagements contractuels de reprise. Inversement, un commission-affilié peut devoir financer certains consommables, équipements, achats complémentaires ou garanties.
Le tableau suivant présente les configurations les plus caractéristiques, sans prétendre couvrir tous les contrats.
| Critère | Commission-affiliation classique | Franchise avec achat-revente |
|---|---|---|
| Propriété des marchandises | Généralement conservée par l’enseigne | Généralement détenue par le commerçant après achat |
| Financement initial du stock | Habituellement limité | À financer directement ou par crédit fournisseur |
| Risque économique des invendus | Principalement chez le propriétaire, sous réserve du contrat | Principalement chez le commerçant, sauf reprise prévue |
| Rémunération | Commission contractuelle | Marge commerciale après coût d’achat |
| Autonomie sur les produits | Souvent encadrée par l’enseigne | Variable selon les obligations de franchise |
Pour choisir, l’entrepreneur peut appliquer une grille en trois étapes. Il commence par mesurer sa trésorerie immédiatement mobilisable, puis apprécie le degré d’autonomie qu’il souhaite conserver sur l’assortiment et la politique commerciale. Enfin, il évalue sa capacité à absorber une baisse des ventes et une accumulation de marchandises invendues.
Cette analyse doit inclure les coûts d’installation, les droits d’entrée éventuels, les redevances, les garanties et les dépenses imposées. Un stock non acheté n’implique pas nécessairement un investissement total plus faible.
Les modèles hybrides constituent une raison supplémentaire de dépasser les catégories commerciales. Seuls les documents contractuels indiquent si une partie des marchandises doit être achetée, si les invendus sont repris et qui finance les rotations saisonnières.
Une fois ce financement clarifié, l’étape suivante consiste à examiner les clauses qui organisent concrètement la livraison, la détention et la restitution des marchandises.
Quels points du contrat vérifier avant d’accepter des marchandises en commission-affiliation ?
Avant d’accepter des marchandises en commission-affiliation, il faut vérifier leur propriétaire, les responsabilités en cas de perte, les modalités de calcul des commissions et les conditions de restitution. Le contrat doit également préciser les délais de règlement, les obligations d’inventaire et le sort du stock en cas de rupture de la relation commerciale.
La propriété des marchandises constitue le premier point à documenter. Il faut déterminer si l’enseigne demeure propriétaire pendant toute la présence des produits en magasin et identifier les événements susceptibles de modifier cette situation.
Il convient ensuite de distinguer le risque commercial d’invendus des responsabilités matérielles de conservation. Même sans être propriétaire, le commerçant peut supporter contractuellement certaines conséquences d’un vol, d’une casse, d’une disparition ou d’un sinistre.
Le contrat doit également permettre de comprendre ce qui se produit lorsqu’un produit ne se vend pas : durée de détention, reprise obligatoire ou facultative, conditions de retour, dépréciation éventuelle et répartition des frais de transport.
Les clauses économiques méritent la même attention. Un taux de commission ne peut être interprété sans connaître sa base de calcul : montant hors taxes ou toutes taxes comprises, prix initial ou remisé, traitement des retours, frais prélevés et éventuelles révisions.
Enfin, la rupture du contrat peut générer des dépenses importantes : préparation et expédition du stock, remise en état du local, suppression des signes de l’enseigne ou application de pénalités. Les clauses de préavis, de non-concurrence et de résiliation doivent être examinées avant de s’engager.
Cinq vérifications à réaliser avant la signature
- Identifier le propriétaire du stock : produire un tableau indiquant les catégories de marchandises et les règles de transfert éventuel.
- Cartographier les responsabilités : établir une matrice écrite pour les vols, casses, sinistres, manquants et invendus.
- Reconstituer la rémunération : obtenir un décompte illustratif distinguant prix de vente, réductions, assiette et commission nette contractuelle.
- Tester les flux de trésorerie : construire un calendrier des encaissements, reversements, facturations et règlements.
- Simuler la sortie du réseau : rédiger un scénario de résiliation précisant préavis, récupération du stock, frais et engagements restant dus.
Ces documents constituent une base de discussion avec l’enseigne, mais ne remplacent pas une analyse juridique. Un professionnel du droit commercial peut notamment vérifier la cohérence entre les clauses de propriété, d’assurance, de responsabilité et de résiliation.
Lorsque le contrat est sécurisé, sa bonne exécution dépend notamment de la qualité du suivi des marchandises au quotidien et avant les opérations commerciales importantes.
Quand contrôler les stocks avant une campagne commerciale importante ?
Le contrôle des stocks doit commencer plusieurs semaines avant une campagne importante, afin de corriger les écarts d’inventaire et d’organiser les réassorts avec l’enseigne. Un second contrôle proche du lancement permet de confirmer la disponibilité réelle des produits, les références prioritaires et les conditions convenues pour l’opération.
Un contrôle précoce compare les quantités informatiques aux marchandises physiquement présentes. Il identifie les erreurs de réception, les articles manquants, les retours non enregistrés et les produits susceptibles d’être indisponibles pendant la campagne.
Dans un réseau de commission-affiliation, cette vérification possède une dimension contractuelle particulière. Les articles appartiennent généralement à l’enseigne : les écarts d’inventaire peuvent donc affecter simultanément la disponibilité commerciale, les calculs de commission et la détermination des responsabilités.
Un calendrier opérationnel en trois temps facilite le travail :
- En amont : réaliser un inventaire ciblé ou complet, identifier les écarts et vérifier la cohérence entre les systèmes du magasin et du réseau.
- Après diagnostic : confirmer avec l’enseigne les réassorts, les références prioritaires, les modalités promotionnelles et les capacités logistiques.
- Juste avant le lancement : vérifier les quantités disponibles, les produits exposés, l’étiquetage et les éventuelles livraisons encore attendues.
Les références en fin de cycle et les articles soumis à de fortes promotions appellent une surveillance renforcée. Leur disponibilité doit être mise en regard des conditions de reprise et des règles applicables aux opérations commerciales.
Chaque anomalie importante devrait faire l’objet d’un relevé daté mentionnant la référence, la quantité théorique, la quantité constatée et l’explication disponible. Des photographies, les documents de livraison et les échanges avec l’enseigne peuvent compléter ce dossier.
Il est utile de conserver une confirmation écrite des ajustements convenus. Cette traçabilité réduit les ambiguïtés lorsque les commissions, les retours ou les responsabilités sont discutés après l’opération.
Le contrôle physique du stock permet également de mieux comprendre la différence entre vendre des marchandises confiées et immobiliser son propre capital dans des produits destinés à la revente.
Dépôt-vente ou achat de stock : quel modèle limite le plus le risque d’invendus ?
Pour le commerçant qui vend des marchandises appartenant à un tiers, le dépôt-vente limite généralement davantage le risque financier des invendus que l’achat de stock. Le propriétaire des produits conserve normalement leur risque économique, sous réserve du contrat. En revanche, une entreprise qui achète des marchandises pour les confier ensuite en dépôt-vente conserve son propre risque d’invendus.
La distinction dépend donc du rôle occupé dans l’opération. Un dépositaire commercialise des produits qui lui sont confiés. Un déposant qui a préalablement acheté les biens demeure exposé à leur valeur résiduelle si les ventes ne se réalisent pas.
Le dépôt-vente et la commission-affiliation peuvent présenter des points communs : détention de marchandises pour compte d’autrui, rémunération liée aux ventes et restitution possible des invendus.
Leur organisation commerciale diffère néanmoins. La commission-affiliation s’inscrit généralement dans un réseau structuré, avec une identité commerciale, un assortiment et des dispositifs de suivi communs. Un dépôt-vente peut fonctionner dans un cadre plus ponctuel, avec des propriétaires et des catégories de biens variés.
Pour comparer les conséquences économiques, il faut examiner trois dimensions.
| Critère | Vente de stock confié par un tiers | Achat de stock pour revente |
|---|---|---|
| Capital engagé dans les produits | Généralement limité | Montant des achats, diminué des financements fournisseurs |
| Exposition aux invendus | Principalement définie par les obligations de restitution et de responsabilité | Risque de décote ou de conservation du stock |
| Rémunération | Commission ou partage contractuel du prix | Marge entre prix de vente et coût d’achat |
| Sort des marchandises non vendues | Retour ou autre traitement prévu au contrat | Conservation, remise, liquidation ou reprise contractuelle éventuelle |
Une comparaison financière rigoureuse utilise le même scénario de demande pour chaque solution. Elle estime les ventes probables, les charges directes, la rémunération nette, le capital immobilisé et la perte potentielle si la commercialisation échoue.
Pour le dépôt-vente, les obligations applicables peuvent également varier selon la nature des biens, notamment lorsqu’il s’agit de marchandises d’occasion. Les règles pertinentes et les formalités éventuelles doivent être vérifiées à partir de l’activité réellement exercée et du contrat concerné.
Au-delà du stock, les conditions d’accès au réseau et les charges récurrentes peuvent transformer l’équilibre financier. C’est particulièrement important lorsque le commerçant envisage une franchise.
Comment analyser les redevances et obligations prévues par un contrat de franchise ?
L’analyse d’un contrat de franchise doit additionner les droits d’entrée, les redevances récurrentes, les contributions complémentaires et les investissements imposés. Il faut ensuite examiner leurs bases de calcul, les obligations d’approvisionnement, les restrictions commerciales et les conditions de sortie. Le coût réel dépend autant de ces engagements que du montant annoncé des redevances.
Le droit d’entrée correspond généralement à une dépense initiale liée à l’accès au réseau, au concept ou aux prestations prévues. Les redevances d’exploitation rémunèrent les droits et services contractuellement définis. D’autres contributions peuvent financer la communication, la formation ou certaines prestations mutualisées.
Leur montant apparent ne suffit pas. Une redevance calculée sur un chiffre d’affaires hors taxes ne produit pas le même résultat qu’une contribution calculée sur une base différente. Les retours, remises, ventes particulières et minimums contractuels doivent être intégrés à l’analyse.
Une méthode utile consiste à reconstituer les flux financiers annuels en cascade :
- Estimer les ventes selon un scénario commercial prudent et documenté.
- Déduire le coût des marchandises et les frais directement liés aux ventes.
- Déduire les redevances et contributions calculées conformément au contrat.
- Intégrer les charges de personnel, le local, les équipements, les assurances et l’administration.
- Examiner les investissements, les remboursements financiers et la trésorerie disponible.
Les éventuelles remises et avantages négociés entre le réseau et ses fournisseurs méritent aussi une analyse contractuelle, notamment pour comprendre les conditions d’approvisionnement proposées au franchisé. Leur existence ou leur montant ne doivent pas être présumés.
Les obligations non financières influencent directement la rentabilité : exclusivité territoriale, respect du concept, achats obligatoires, contrôles du franchiseur, travaux de mise aux normes, durée du contrat et conditions de renouvellement.
En France, l’article L330-3 du Code de commerce sur l’information précontractuelle prévoit, lorsque ses conditions d’application sont réunies, la communication d’informations sincères et du projet de contrat au moins vingt jours avant la signature ou le versement préalable concerné.
Cette obligation dépend notamment de la mise à disposition d’un signe distinctif associée à un engagement d’exclusivité ou de quasi-exclusivité. Elle ne concerne donc pas automatiquement tout contrat simplement qualifié de franchise ou de commission-affiliation.
20 jours minimum
Délai légal de communication du document d’information précontractuelle et du projet de contrat lorsque les conditions de l’article L330-3 du Code de commerce sont réunies.
Code de commerce, article L330-3, Légifrance.
Le document d’information précontractuelle constitue une base pour examiner l’ancienneté du réseau, sa structure, les caractéristiques du marché et les conditions d’engagement. Il ne dispense ni de vérifier les hypothèses financières proposées ni d’étudier les résultats propres à l’emplacement envisagé.
Une simulation équivalente en commission-affiliation permet ensuite de comparer le résultat d’une marge d’achat-revente diminuée des redevances au revenu de commissions diminué des charges d’exploitation. Les deux modèles doivent être examinés sur un horizon identique.
Cette reconstitution donne les éléments nécessaires pour arbitrer entre plusieurs formes de distribution sans privilégier automatiquement celle qui affiche les frais initiaux les plus faibles.
À retenir avant de choisir son modèle de distribution
- La propriété du stock détermine une part importante du financement nécessaire, mais ne suffit pas à mesurer la rentabilité.
- Les commissions, redevances et délais de règlement doivent être analysés conjointement avec les charges fixes du magasin.
- La capacité à sortir du contrat, à restituer les marchandises et à conserver une autonomie commerciale mérite autant d’attention que les conditions d’entrée.
Quel mode de distribution choisir pour développer ses ventes sans alourdir excessivement les coûts ?
Le mode de distribution le plus adapté dépend du capital disponible, de la marge réellement accessible, du degré d’autonomie recherché et du risque supportable en cas de ventes insuffisantes. La commission-affiliation ou le dépôt-vente peuvent faciliter un lancement avec peu de stock à financer, tandis que l’achat-revente peut offrir davantage de liberté commerciale et de potentiel de marge.
Il n’existe pas de modèle universellement moins coûteux. Une organisation qui évite l’achat des marchandises peut conserver des charges fixes élevées et une rémunération limitée. À l’inverse, un commerçant acheteur-revendeur peut financer davantage de produits tout en disposant de meilleures possibilités de négociation et de fixation des prix.
Pour choisir, l’entrepreneur doit comparer les solutions selon quatre critères communs.
| Modèle | Capital immobilisé | Rémunération et autonomie | Risque en cas d’échec |
|---|---|---|---|
| Achat-revente indépendant | Stock à financer | Marge commerciale ; autonomie généralement importante | Invendus, dépréciation et charges d’exploitation |
| Franchise avec achat-revente | Stock et investissements contractuels | Marge après coûts et redevances ; autonomie encadrée | Invendus et engagements envers le réseau |
| Commission-affiliation | Stock généralement non acheté ; autres investissements possibles | Commission contractuelle ; décisions commerciales souvent encadrées | Charges fixes, dépendance et responsabilités contractuelles |
| Dépôt-vente de produits d’autrui | Stock généralement non acheté | Commission ou partage du prix ; autonomie variable | Charges, responsabilité de conservation et obligations de restitution |
Au démarrage, lorsque la demande locale reste incertaine, limiter l’achat de marchandises peut préserver la capacité de financement de l’entreprise. Le commerçant conserve alors davantage de ressources pour son emplacement, son équipe et sa prospection.
Après validation du marché, un modèle d’achat-revente peut devenir intéressant si la marge supplémentaire compense le financement du stock et le risque d’invendus. Cette évolution n’est cependant ni automatique ni toujours contractuellement possible.
Les critères de bascule à surveiller sont la stabilité de la demande, la vitesse d’écoulement des produits, la trésorerie disponible, les conditions fournisseurs et la rentabilité nette après l’ensemble des charges.
La comparaison doit être menée sur plusieurs exercices prévisionnels, en prévoyant aussi un scénario de ventes inférieures aux attentes. Le coût du local, les salaires, la logistique, les obligations administratives, les assurances et les investissements de renouvellement ne disparaissent pas lorsque le stock appartient à un tiers.
Trois erreurs sont particulièrement préjudiciables : retenir uniquement le taux de marge ou de commission annoncé, négliger les conséquences financières de la résiliation et reproduire les prévisions d’un autre commerçant sans tenir compte de son emplacement, de son assortiment et de ses charges.
La prochaine étape consiste à demander aux réseaux envisagés leurs projets de contrat, leurs méthodes de calcul des commissions et leurs conditions de gestion du stock. Une simulation financière comparable, examinée avec un expert-comptable et complétée par une lecture juridique, permettra de choisir sur des bases vérifiables.
Faut-il créer une entreprise pour devenir commission-affilié ?
La commission-affiliation est généralement exercée par un commerçant indépendant disposant de sa propre structure juridique. Le statut approprié dépend de l’activité, des investissements, des obligations du réseau et des choix de l’entrepreneur. Une étude juridique et comptable préalable permet de déterminer la forme d’exploitation adaptée.
Peut-on vendre plusieurs marques dans un magasin en commission-affiliation ?
Cela dépend du contrat. Certaines enseignes peuvent prévoir des obligations d’exclusivité ou encadrer les catégories de produits commercialisables. Avant de compléter l’assortiment avec d’autres marques, il convient de vérifier les restrictions d’approvisionnement, de concurrence et d’utilisation du point de vente.
Qui décide des promotions dans un réseau de commission-affiliation ?
Les pouvoirs de décision dépendent de l’organisation du réseau, du rôle exact du commerçant et des stipulations contractuelles. Il faut notamment vérifier qui détermine les prix, qui autorise les réductions et comment les promotions modifient la base des commissions. Ces clauses doivent être examinées au regard du droit applicable.
Une caution peut-elle être demandée alors que le stock appartient à l’enseigne ?
Un contrat peut prévoir certaines garanties destinées à couvrir les obligations du commerçant. Leur nature, leur montant, leurs conditions de mobilisation et de restitution doivent être examinés précisément. Le fait de ne pas acheter les marchandises ne signifie donc pas nécessairement qu’aucune garantie financière ne sera exigée.
Que deviennent les marchandises lorsqu’un commission-affilié ferme son magasin ?
Le sort des marchandises dépend des clauses de propriété, de restitution et de résiliation. Lorsque l’enseigne conserve leur propriété, le contrat doit organiser leur récupération ou un autre traitement convenu. Les modalités d’inventaire final, de transport, de règlement des commissions et de traitement des écarts doivent être anticipées avant la fermeture.